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Esport - Counter-Strike : Entretien avec XTQZZZ, coach de Vitality

Esport - Counter-Strike : Entretien avec XTQZZZ, coach de Vitality
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Dans la vie, il y a ceux qui parlent et ceux qui font. Et bien qu’il se positionne plutôt dans la seconde catégorie, Rémy Quoniam, coach de l’équipe Counter-Strike de Team Vitality, nous livre son avis sur son collectif et la tentative de passage à un roster à six. Rencontre sans filtre.

Esport - Counter-Strike : Entretien avec XTQZZZ, coach de Vitality

Les inconditionnels de Counter-Strike connaissent XTQZZZ, le coach de Vitality. Mais qui est Rémy Quoniam, l’homme de 31 ans qui se cache derrière ?

(Il rigole) Euh… Je suis un père de famille, marié. Qu’est-ce que je peux te dire d’autre ? Je suis un passionné de CS, qui vit pour ça et pour sa famille.

Tu cumules déjà 2 ans de coaching d’e-sportifs chez Vitality. Comment t’es-tu formé pour cela ? T’attendais-tu à ce que cela prenne autant d’importance dans ta vie ?

Avant de rejoindre Vitality, j’ai fait deux ans au cast et environ un an de coaching. Ma formation ? Elle vient de mes connaissances de jeu, de mon caractère qui m’a emmené jusqu’à ce poste. Et pour le reste, j’apprends sur le tas. J’apprends tous les jours à être un meilleur coach, tout simplement.

Les spécialistes de l’e-sport trouvent que le coach prend de plus en plus d’importance dans les équipes CS:GO, à l’image des entraîneurs de football qui pèsent beaucoup dans la stratégie et les prises de décisions pour l’équipe. Est-ce une vision correcte ?

Bien sûr ! Pour moi, il n’y aurait qu’une mauvaise vision : celle de penser qu’il faut donner le pouvoir aux joueurs. À partir du moment où ce sont les joueurs qui décident, tu bascules dans l’amateurisme. Puisqu’ils n’ont pas forcément le recul nécessaire, et vont rapidement faire en fonction d’eux. Alors qu’une personne qui est coach ou dans une position plus reculée, elle va penser avant tout à l’équipe ; et à chacun des joueurs. Si tu donnes le pouvoir à un joueur, il peut faire énormément de choses à sa convenance. Même s’il pense agir pour le bien de l’équipe, il mettra toujours l’accent sur ses idées, plutôt que sur l’idée générale. Et ce qui est important c’est toujours l’idée générale.

Lors de la BLAST Fall, nous avons pu voir des petits tweets à propos de votre équipe, mettant en avant des « substitutions » de joueurs entre deux maps. Est-ce toi qui alignes les compositions de départ ? Et qui réalise les changements en plein match ?

Oui. Pour toutes les compos, c’est moi qui décide. C’est prévu en amont, les joueurs sont au courant de quelles maps ils vont jouer ou ne pas jouer. On a fait des choix, je ne vais pas tout raconter bien sûr, parce qu’il y a des points stratégiques qui nous sont propres. Mais tout est prévu en amont, il n’y a pas de surprise. Même les changements réalisés entre deux maps sont prévus avant le coup d’envoi.

Tu ne te réserves pas le droit de remplacer un joueur d’une map à l’autre, en fonction de sa performance, même si ce n’était pas prévu ?

On pourrait. Maintenant, on en est très loin. On commence à peine avec un système à six joueurs, tu ne peux pas commencer à faire ça. Pourquoi ? Parce qu’il y a énormément de choses à apprendre. Déjà parce que Nabil (Nivera, ndlr) n’est là que depuis trois semaines. Donc ses connaissances à propos de l’équipe et nos modes de fonctionnement sont extrêmement limitées. On verra. Pour l’instant, on a un système qu’il faut roder, dont il faut étudier la viabilité dans le temps. Par la suite, on avisera pour le faire évoluer. Mais ce dont tu me parles, à savoir remplacer un joueur d’une map à l’autre en fonction des performances de l’équipe pendant un match, ce sera - si ça fonctionne pour CS - une autre étape à franchir.

Ces changements de joueurs entre des maps, une pratique plutôt inédite dans le milieu, interviennent depuis que vous avez pris la décision d’évoluer avec six joueurs au sein de l’équipe (sachant que Counter-Strike se joue à cinq contre cinq sur le serveur). Quels sont les premiers effets ressentis après ces premières semaines de mise en place ?

Tirer des conclusions tout de suite, ce serait trop tôt. Maintenant, ce qui est bénéfique, et déjà visible, c’est la faim d’un joueur quand il rentre à la place d’un autre. C’est aussi que, inconsciemment, tout le monde veut se bouger le derrière pour conserver sa place sur chacune des maps. Après, comme tout ce qui est nouveau en général, c’est bénéfique. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut déjà en tirer de conclusions : il faut voir les réactions sur la durée. Voir si tout le monde accepte la situation dans le futur. Ce sera notre curseur pour voir si on est sur la bonne voie, ou pas. Pour l’instant, il y a un effet lune de miel, parce qu’on découvre des choses. Par exemple, des petits temps de repos l'après-midi, au lieu d’avoir sans arrêt de l'entraînement…

Cette idée d’équipe à six, d’où est-elle venue, et qui est là pour t'épauler dans sa mise en place ?

Chez Vitality, il y a Neo qui voulait mettre ça en place depuis longtemps. Il y a un gros côté sport dans sa vision des choses, et il aimerait que dans tous les jeux il y ait des remplaçants. Ou du moins un line-up allongé. L’idée est donc là depuis longtemps, et pendant un certain moment je lui disais que ce n’était pas possible. Tout simplement parce que la conjoncture ne le permettait pas : on a eu un changement au mois de mars, on a changé de lead et de capitaine, donc c’était infaisable, ça aurait été un suicide e-sportif. Mais fin juin on a commencé à réfléchir à la suite du projet, aux solutions pour mieux gérer une équipe et l'enchaînement de tournois, qui est très important. Et on en est arrivé à une conclusion : ce qui pouvait potentiellement être envisageable et viable, ce serait de recruter un sixième joueur. On a donc beaucoup discuté pendant l’été sur des questions comme : comment mettre en place le fonctionnement ? Mais aussi comment gérer la transition pour préparer les joueurs à ce changement ?

Il n’y a pas eu de réticence à ce sujet au sein de l’équipe ?

Disons qu’on ne peut pas arriver du jour au lendemain devant des joueurs, dont certains sont là depuis très longtemps, qui ne connaissent qu’un mode de fonctionnement, et leur dire : « allez, les gars, on passe à six ! » Ça, ce n’est pas possible. Donc il a fallu les préparer mentalement et tout construire avec le staff, dont MaT mon coach-adjoint, et le manager, pour voir comment intégrer un sixième athlète dans nos routines d'entraînements, de matchs, et aussi dans tous nos protocoles externes, tels que l'hygiène de vie.

En quoi existe-t-il des similitudes ou des différences entre votre projet et celui d’Astralis - qui a amorcé le sien un peu plus tôt - concernant les remplaçants au sein des équipes ?

Ils n’ont pas réellement pu tirer profit d’un schéma à six joueurs, ayant eu deux cas de joueurs en break pour cause de burnout. Je pense qu’ils ont été pris de court, et qu’ils ont dû composer avec ce qu’ils avaient. Aujourd’hui, ils ont encore Bubzkji, je pense qu’ils sont en pleine réflexion et qu’ils ont certainement une méthode. Zonic avait déclaré qu’il voulait garder es3tag avant qu’il parte chez Cloud9, donc je pense qu’ils ne vont pas abandonner ce travail. Il ne serait juste pas très malin de dire dès maintenant qu’un projet à six ne fonctionne pas, même pour eux, parce que c’est un projet qu’il faut étudier dans le temps. Malheureusement, les critiques que j’ai pu entendre sur ce sujet, ce sont des critiques très day by day, très court-termistes. Forcément, au début, il peut y avoir des difficultés. Peut-être que la BLAST Fall nous a souri, et que sur le prochain tournoi ça ne nous sourira pas autant. On verra, on se donne, comme Astralis, des mois pour voir si cela fonctionne ou non.

Quel est ton avis par rapport à la structuration des compétitions sur Counter-Strike ? À savoir qu’ESL, BLAST et d’autres organisateurs se disputent la plus grosse part du gâteau, que Valve est très en retrait, et que le classement de HLTV fait un peu la pluie et le beau temps au milieu du tableau...

Il faut prendre plusieurs choses en compte. La première, c’est qu’aujourd’hui Counter-Strike ne rapporte pas d’argent aux structures. C’est un fait. On a le nez dedans depuis deux ans, on en parle souvent avec mes boss. Donc il faut trouver un système. Du coup, il y a des partenariats qui se sont mis en place - nous avons répondu aux appels de BLAST et de l’ESL - pour permettre aux structures de gagner plus d’argent, et d’avoir un projet plus viable sur le long terme que de répondre simplement présent tournoi après tournoi.

Sauf qu’il y a un mais, j’imagine ?

La chose que cela entraîne, c’est une complexité dans le calendrier, puisque forcément il y a un nombre de compétitions et d’attentes qui augmente, boosté malheureusement par le problème de la Covid-19, et ça fait qu’on est sur une charge de compétition qui à mon sens ne permet pas à une équipe de cinq joueurs d’être constante du point de vue des performances individuelles et collectives. Parce qu’on perd rapidement en lucidité - ce qu’on nous demande mentalement dans un tournoi implique énormément de ressources -, donc forcément pour les joueurs et pour moi en tant que coach, cette tournure dans le business devient problématique. Et la chose qu’il faut entendre en même temps, c’est que ceux qui nous payent le font à perte. Or, on doit trouver un système pour qu’à long terme Counter-Strike continue d’exister. Vitality, qui est une structure française et européenne, n’a pas les moyens de certaines structures américaines qui se posent beaucoup moins ce genre de question. En Europe, on doit se la poser. Le calendrier est difficile, on subit, et c’est en partie pour ça qu’on lance une équipe à six. On veut essayer de répondre aux problèmes, pour survivre, pour permettre non pas seulement aux anciens, mais aussi aux jeunes, de durer dans le temps. Pour ne surtout pas me retrouver dans deux ans avec un ZywOo en burnout.

C’est sûr que ce serait une catastrophe...

Je suis plutôt d’accord avec ce qu’a dit un dirigeant d’Astralis - que ce soit un coup de communication ou pas, peu m’importe - quand il dit que ce n’est pas normal qu’une carrière d’un e-sportif s’arrête à 24 ans. Ce n’est pas normal. Donc il y a forcément un problème venant de l’écosystème qui doit mieux monétiser ce qu’on génère, mais aussi un problème de rendement des joueurs. On a souvent évoqué l’écosystème, mais pas assez le rendement et la santé des joueurs où il y a également un problème.

Pourtant, les joueurs - même s’ils n’ont pas su dire stop à un certain moment - sont les premiers acteurs de toute l’industrie. Sans eux, il n’y aurait plus aucun spectacle...

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une recherche de rentabilité pour tous les acteurs aujourd’hui. Elle est logique, ça fait quand même quelques années que Counter-Strike a explosé. Maintenant, je pense qu’il y a un autre facteur déterminant à prendre en compte : la position de Valve. Que veulent-ils faire ? Veulent-ils entreprendre un peu plus ? Il y a sans doute aussi d’autres manières pour trouver de la rentabilité en dehors du jeu. Je ne sais pas, mais quand tu te tournes vers le sport traditionnel, un footballeur ne va pas faire que du foot. Tu vas beaucoup le voir dans des médias, mettre en avant les sponsors de son club, par exemple. On pourrait se dire pourquoi on ne fait pas la même chose à notre niveau. Le problème est qu’avec autant de compétitions aujourd’hui, tu n’as pas le temps de pouvoir faire ce genre de choses. Donc on doit trouver une autre route. Ce que je regrette un peu, c’est que cette année, s’il n’y avait pas eu le Coronavirus, on aurait pu avancer sur ces sujets. Réfléchir tous ensemble, parce que je pense que tous les acteurs veulent y arriver, mais que chacun tire la couette de son côté, et c’est une perte de temps.

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Sans le confinement, tu penses que les cas de burnouts auraient quand même explosé ?

Oui, mais plus tard. En gros, la Covid a été un accélérateur. Les conséquences que sont les burnouts ont en grande partie pris leurs racines en 2019, quand tout le monde a voyagé énormément aux quatre coins du monde. C’est vrai que maintenant il n’y a plus les voyages, mais il y a avait déjà une forme de lassitude, et d’épuisement pour certains, et la Covid a accéléré ça parce qu’on t’explique que tu vas être bloqué plusieurs mois, mais que tu vas continuer à énormément jouer. On a énormément joué cette année : on est au mois d’octobre, mais on est autant fatigué qu’un mois de décembre de l’année dernière, pour la plupart. Donc c’était logique que ça arrive. C’est dommage, mais c’est en même temps une « bonne » chose parce que notre communauté n’arrivait pas à comprendre, ou était même médisante sur le fait qu’on pouvait être épuisés par les compétitions, par les voyages, allant jusqu’à dire qu’on se comportait comme des divas. Alors que la compétition, les voyages, le jet lag - un sujet enfin évoqué en fin de saison dernière - quand tu enchaînes une semaine en Chine puis une aux États-Unis et ainsi de suite… (Il coupe et reprend) Tout ça, ça a fait qu’on a eu une prise de conscience sur la santé mentale, qui est et était un sujet peu abordé.

De quel oeil tu vois d’autres scènes e-sportives, comme celle de R6:S qui est gérée par son éditeur de jeu, avec un circuit régionalisé, avec beaucoup d’online en amont, et des compétitions trimestrielles et annuelles en LAN pour les plus gros événements ?

C’est toujours mieux que l’éditeur soit aux manettes, parce qu’il va contrôler, plutôt que notre situation où on se situe sur un marché extrêmement libre, où tout le monde peut faire son business. Donc forcément, quand t’es dans ce business, tu cherches à voir ce qui se fait de mieux, et tu y vas. Le souci, c’est que tout le monde essaye de faire la même chose, on y va tous, et puis on enchaîne. Il n’y a pas de cadre. Et c’est pour ça qu’on s’essaye aux partenariats qu’on a rejoints. Le but c’est de trouver un cadre. Est-ce que ce serait mieux ? Certainement. Est-ce que ça va arriver ? Je n’y crois pas, parce que vu depuis le temps que ça aurait dû être fait, je ne vois pas pourquoi ça changerait.

Mais que fait Valve, qui est pourtant l’éditeur de Counter-Strike, dans toute cette histoire ?

Il faudrait un changement de stratégie chez Valve qui serait assez conséquent. Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses qui sont mises en place et qui les arrangent. Que ce soit avec l’ESL, BLAST et tant d’autres qui sont performantes en termes d’organisation et de production, et je ne pense pas qu’il y ait pour eux un intérêt à reprendre la main. Puis, reprendre la main, ça voudrait dire un énorme investissement sur le jeu, dans la meta du jeu, et puis un suivi conséquent de l’e-sport également. Donc je ne pense pas, à moins que le jeu coule, que Valve se mette à bouger le petit doigt.

Malgré toutes ces histoires sanitaires et économiques, vos résultats sont plus que bons depuis juin. Avec au passage une place de numéro un mondial pendant quasiment un mois, et une position quasi omniprésente parmi les trois premiers mondiaux. On peut dire que l’après-ALEX est finalement bien géré ?

Oui, on l’a bien géré. Je pense que le fait de ne pas retourner en LAN un certain temps nous a presque arrangés. On avait besoin de temps et de préparation. On avait des missions, des challenges, on voulait prouver qu’on était encore capables d’exister. Ce qu’on a finalement fait, voire mieux. Même si la recherche première n’était pas forcément la recherche du résultat, mais plutôt la recherche du plaisir, et de rester épanouis dans ce qu’on fait. J’en ai pas mal qui sont là depuis beaucoup d’années. Leur carrière a été bercée au rythme des LAN, il n’y en a plus, donc il fallait trouver de nouvelles motivations. Et le fait qu’on soit toujours dans cette recherche du plaisir fait qu’on arrive à être encore épanouis aujourd’hui.

Counter Strike : Global Offensive

Comment les plus anciens de l’équipe réagissent-ils face au besoin de transmission de savoir aux plus jeunes ? Est-ce que cela intervient dans la recherche de plaisir que tu décris ?

Oui, clairement. Ça leur donne beaucoup à faire, car ils doivent leur apprendre des choses, donc c’est un challenge. C’est bien, parce que pendant très longtemps sur Counter-Strike, j’entendais qu’on ne changeait pas vraiment les équipes parce qu’il fallait de l'expérience. Mais je me faisais toujours la même réflexion : on ne voyait jamais vraiment cette histoire d'expérience se matérialiser. Alors qu’aujourd’hui je la vois parce qu’il y a une réelle transmission, en disant ce qu’il y a à faire ou ne pas faire. Ils n’ont aucun problème à parler aux plus jeunes de leurs erreurs du passé. Puis, ça leur fait du bien d’être challengés par des jeunes qui arrivent, qui ont faim, qui ont envie de démolir tout le monde. C’est le genre de chose qui leur donne de la motivation supplémentaire. Je pense que si on était entre « vieux », on pourrait radoter (Rires), alors que là ça amène un vent de fraîcheur.

En parlant de nouveauté, apEX a du récupérer le lead de l’équipe cette année. Est-ce que vous êtes satisfait du rendu ?

Nommer Dan au lead s’est avéré être une solution « facile », parce que c’est un bosseur qui créer beaucoup, qui est toujours dans la recherche. Il a toujours un travail à faire sur son comportement certes, sur ses frustrations qu’il essaye toujours de gommer avec un préparateur mental. Donc il a encore une marge de progression qui est très importante. Mais c’est ça qui est intéressant pour la suite, que ce soit pour lui ou pour l’équipe.

Les deux anciens leaders, NBK et ALEX, ont rejoint OG et Cloud9. Est-ce que tu suis un peu ce qu’ils font ? Qu’en penses-tu ?

Concernant ALEX, il n’a pas encore joué (Rires.) Donc je verrais bien ce que ça donne. C’est son premier projet international, il n’a pas une énorme carrière pour l’instant, je veux dire sur la durée, donc à voir comment il gérera ça. Et puis, voir aussi bien sûr s’il n’aura pas à nouveau une envie d’arrêter. Concernant Nathan, oui je continue de le suivre, ça nous arrive d’échanger, de parler de plein de choses, de Counter-Strike et d’autres. Avec son équipe ils ont été bloqués un peu à cause de la Covid dans leur progression, comme tout le monde ils ont eu des difficultés. Mais depuis la reprise, c’est devenu une équipe solide, dure à jouer, et je pense qu’ils ont enfin trouvé leur rythme de croisière après un an ensemble.

De votre côté, vous semblez aimer recruter très jeune. Après ZywOo et misutaaa, vous avez posé votre grappin sur Nivera, le petit frère de ScreaM. La valorisation de la jeunesse est au coeur de votre politique de recrutement et de plans pour le futur ?

Ça ne l’était pas vraiment au début. Parce qu’il y a eu à un moment dans notre idée de base le passage à un projet international. Sauf qu’au moment où ALEX s’en va, on sait qu’on ne peut pas passer à l’inter. On avait des prérogatives, avec à cette époque-là moins d’une semaine pour trouver un joueur. Et intégrer un seul joueur étranger dans une équipe à quatre Français qui parleraient tous anglais pour un seul joueur international, c’était trop compliqué. Donc on s’est mis sur un jeune français, et puis… (Il coupe et réfléchit) Ce qu’il faut préciser, c’est que tu prends aussi des jeunes parce qu’il y a certaines réalités à prendre en compte dans les transferts aujourd’hui. À l’heure actuelle, tu prends en partie un jeune parce que le montant des transferts a explosé. Que ce soit pour mes patrons, et même moi, on n’est pas prêts à mettre un million d’euros sur un joueur. Même sur certains jeunes, on avait des clauses à 300.000 alors que rien ne justifiait un tel prix. Donc à un moment, ça revient à ce que je te disais plus tôt : il y a une rentabilité qui est recherchée, et dépenser des sommes astronomiques pour des joueurs ne te permet pas d’être rentable. Et puis, avec la période actuelle, vaut mieux compter ses sous plutôt que de réaliser un gros transfert qui n’a aucune garantie sur la durée.

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Avec ZywOo, vous êtes de toute façon intouchables pour longtemps non ? (Rires)

Non, parce qu’il est humain. Il a des périodes qui sont parfois plus compliquées, comme tout le monde. D’ailleurs, c’est quelque chose que les gens ont un peu de mal à accepter. Dans le sens où ils vont toujours chercher à accuser quelque chose. Ça peut être le jeu, la manière dont on va jouer, il y a peut-être des problèmes en interne… Alors qu’on oublie que Mathieu est un être humain avec tout, et qu’il grandit. Qui dit grandir dit compréhension des choses qui augmente, dit également une pression supplémentaire. Parce qu’avant on parlait de la pépite, de l’étoile montante. Alors qu’aujourd’hui c’est le meilleur joueur du monde. Être meilleur joueur du monde, c’est un titre honorifique - franchement savoir qui est le meilleur on s’en fiche - c’est un titre qui est donné par les médias et la communauté. Mais ce qu’on oublie c’est que derrière le joueur va s’approprier cette idée et se dire qu’il n’a pas le droit de rater un match. Alors qu’on a tous le droit de rater un match. Si tu prends les champions de n’importe quel sport, ils ratent tous un match à un moment donné. Face à une grosse équipe, ou une petite équipe. Sauf qu’aujourd’hui, pour l’instant, ZywOo qui rate un match, c’est anormal pour tout le monde.

Pour lui en premier lieu aussi ?

Oui, sur le début d’année c’est arrivé qu’il ait des petits coups de moins bien. Pour lui aussi, cette période n’a pas été toute rose. Il a envie de retourner en LAN, de faire plus que de jouer sur internet. Quand t’es jeune, t’as faim et tu es rempli d’ambitions. C’est pour ça qu’on a aussi fait autant de bootcamp. Pour prendre du plaisir à être ensemble, et ne pas être sans arrêt enfermés. Ce n’est pas parce qu’on est des joueurs de jeux vidéo pros qu’on a envie de passer notre vie derrière le PC. Il y a un équilibre qui est important pour les joueurs, et qu’on a perdu cette année avec les confinements.

Que peut-on souhaiter à l’équipe CS:GO de Vitality pour le futur ?

Garder notre stabilité, être efficaces, que ce soit à six ou pas, continuer d’évoluer. Et si possible gagner enfin une finale [Vitality sort de quatre finales perdues consécutivement, ndlr]. (Rires)

Et à toi ? Mise à part une boite de doliprane pour réaliser les choix de compos avec tout ce pool de joueurs qualitatifs…

(Il souffle) Ce qu’on peut me souhaiter ? Continuer d’être épanoui, voir tout ce qu’on fait là servir pour les générations futures. Je ne suis pas très carriériste, par rapport au coaching ou quoi que ce soit. Ce qui m’intéresse… (Il coupe et reprend) Je fais partie de la première génération de l’e-sport. J’ai toujours pensé dès mon plus jeune âge que ça allait être l’avenir. Et ce que j’espère, c’est pouvoir laisser un héritage pour les plus jeunes et que ça ne parte pas complètement en freestyle. On est les premiers, les pionniers du professionnalisme de l’e-sport, donc aussi longtemps que je le pourrais j’aimerais contribuer à son évolution.

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Photos : HLTV

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